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| Quand et comment observer la coccinelle asiatique?
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Le problème posé par la coccinelle asiatique

La coccinelle asiatique multicolore, Harmonia axyridis, est une espèce originaire d’Asie orientale et centrale. Sa polyphagie, sa voracité vis-à-vis des pucerons et la facilité avec laquelle elle peut être produite en laboratoire en ont fait un agent de lutte biologique apprécié. De ce fait, H. axyridis a été introduite pour lutter contre les pucerons dans plusieurs régions du monde, en serre et sur les cultures extérieures.

En Amérique du Nord, elle est considérée comme établie dans la nature depuis 1988. Ces dernières années, différentes études américaines ont montré qu’elle s’était dispersée très rapidement et était devenue, dans différents écosystèmes, la coccinelle dominante, souvent au dépend des coccinelles et autres aphidophages indigènes. Comme elle est polyphage et peut coloniser un grand nombre de milieux, elle entre en concurrence directe avec de nombreuses espèces. Des études en laboratoire ont montré que les larves d’H. axyridis peuvent attaquer et se nourrir de larves d’autres espèces lorsque les pucerons et autres proies viennent à manquer. De plus, elle cause aussi des nuisances vis-à-vis de l’homme parce qu’elle s’agrège par milliers d’individus dans les habitations pour passer l’hiver. Enfin, elle peut également s’agréger en automne sur les fruits mûrs (p.ex. les raisins) rendant ainsi la récolte et la transformation des fruits difficiles.

En Europe occidentale et centrale, elle a été également utilisée depuis plusieurs décennies, essentiellement dans les serres. Mais ce n’est que depuis une dizaine d'années qu’on la retrouve massivement dans la nature, d'abord en Belgique, Allemagne et Pays-Bas, et maintenant dans la plupart des pays européens.


En Suisse, un premier exemplaire a été trouvé à Bâle en juillet 2004. Fin 2006, elle était répertoriée dans 10 Cantons et en 2008, elle avait atteint tous les Cantons. On la retrouve maintenant sur tout le territoire, excepté en haute montagne.

Des études récentes, menées conjointement en Suisse, Belgique et Grande-Bretagne, ont montré que la coccinelle asiatique était devenue la coccinelle la plus abondante dans la plupart des milieux agricoles, urbains et forestiers. Ces études suggèrent également que l’arrivée en Europe de la coccinelle asiatique a causé le déclin rapide de plusieurs coccinelles indigènes, probablement par prédation et compétition pour les ressources alimentaires. La coccinelle la plus affectée semble la coccinelle à deux points, Adalia bipunctata.

 

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Que faire ?

Les moyens de lutte contre la coccinelle asiatique sont actuellement très limités. Vu le grand nombre d’individus présents en Suisse, il est inutile de tuer les individus observés. Pour éviter les invasions dans les maisons en automne, il faut veiller à fermer les fenêtres durant les beaux jours entre la mi-octobre et la mi-novembre, quand les coccinelles cherchent à rentrer, surtout par la façade sud. On peut aussi essayer de boucher temporairement d’autres points d’entrée comme les trous d’aération ou des anfractuosités dans les murs et le toit. Pour éliminer les agrégations dans les bâtiments en hiver, on peut utiliser un aspirateur, en veillant bien à éliminer ou congeler le sac. D’autres moyens de lutte sont actuellement en cours d'étude, basés par exemple sur des techniques de piégeage ou des répulsifs. Ces techniques seront peut-être efficaces contre les agrégations dans les bâtiments ou dans les vergers, mais il sera plus difficile de lutter contre l’impact de la coccinelle sur la faune indigène.
 
 

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Notre projet

A CABI, dans le cadre d’un projet financé par l’office Fédéral de l’Environnement, nous étudions l'impact de la coccinelle asiatique sur les coccinelles indigènes, par des études de terrain et de laboratoire. Nous suivons en particulier les populations des coccinelles indigènes en Suisse (il y a plus de 50 espèces) sur 45 sites permanent, de façon à détecter les baisses d’effectifs suite à l’arrivée d'Harmonia axyridis. Nous avons par exemple observé que la coccinelle à deux points , qui était il y a quelques années une des espèces les plus abondantes en Suisse, a pratiquement disparu de nos relevés depuis 2010.

 
 

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Demande de collaboration

Ces dernières années, nous avons surveillé la dispersion de la coccinelle asiatique en Suisse grâce à l’aide de nombreux observateurs. Nous les en remercions. Comme la coccinelle asiatique est maintenant présente sur tout le territoire, nous n’avons plus besoin de nouvelles observations, sauf dans deux cas :

• Observations de la coccinelle asiatique au-dessus de 1500m d’altitude: les données sur l’aptitude d’Harmonia axyridis à survivre en montagne sont encore limitées.
• Observations de la coccinelle à deux points, Adalia bipunctata. Celle-ci a pratiquement disparu de nos relevés dans le nord-ouest de la Suisse et nous récoltons toutes les données relatives à sa présence pour évaluer s’il y a encore des milieux et régions où elle reste abondante.

Dans ces deux cas, nous vous serions très reconnaissants de bien vouloir nous envoyer les détails de l’observation à l'adresse suivante :

Marc Kenis (m.kenis@cabi.org) Tel.: +41 (0)32 421 48 84
ou
René Eschen (r.eschen@cabi.org) Tel.: +41 (0)32 421 48 87

CABI
1, rue des Grillons, 2800 Delémont, Suisse/Schweiz

La description et les documents présentés ci-dessous devraient vous aider à identifier les deux espèces. Mais si vous n’êtes pas entomologiste, une photo ou un exemplaire nous permettrons de vérifier l’identité de la coccinelle observée.

 
 

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Quand et comment observer la coccinelle asiatique?

Les adultes peuvent se trouver toute l’année, d’avril à octobre à l’extérieur et l’hiver plutôt à l’intérieur ou sur les murs des bâtiments. Les larves s’observent de mai à septembre. Il y a au moins deux générations par an qui se chevauchent. Harmonia axyridis est une espèce polyphage qui mange surtout la plupart des espèces de pucerons mais aussi d’autres insectes. Elle envahit donc de nombreux milieux naturels et cultivés. C’est cependant sur les arbres et arbustes feuillus qu’on aura le plus de chance de la rencontrer. Pour la collecter, la meilleure façon est de battre les branches au dessus d’un drap ou un parapluie retourné. Les larves et les adultes se laisseront facilement tomber. La coccinelle à deux points a les mêmes caractéristiques écologiques et biologiques que la coccinelle asiatique et peut être observée de la même façon.
 

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Comment reconnaître la coccinelle asiatique et la coccinelle a deux points?

Comme pour d’autres coccinelles, la coloration des élytres de la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) est très variable, ce qui peut rendre la détermination difficile. Cependant, sa grande taille la distingue facilement de la plupart des espèces indigènes.

D’une longueur de 6-8 mm, elle est de la même taille que la très commune coccinelle à 7 points (Coccinella 7-punctata) et donc clairement plus grande que la plupart des autres coccinelles. Les critères d’identification et des photos d’Harmonia axyridis et des principales espèces trouvées en Suisse sont sur cette fiche.

Les larves sont aussi reconnaissables, surtout quand elles sont dans leur dernier stade de développement. Les critères d’identification et photos des larves se trouvent ici.

La coccinelle à deux points (Adalia bipunctata) est plus petite (4-5mm). Elle est aussi très variable mais existe sous deux formes principales. Une forme rouge avec deux points noirs et une autre noire avec 4 ou 6 points rouges. Les pattes sont noires. Les deux formes sont visibles sur ce lien.


 

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Contact

Marc Kenis (m.kenis@cabi.org) Tel.: +41 (0)32 421 48 84
René Eschen (r.eschen@cabi.org) Tel.: +41 (0)32 421 48 87
CABI, 1, rue des Grillons, 2800 Delémont, Suisse/Schweiz


 
 

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Liens

Autres sites consacrés au suivi de la coccinelle asiatique et autres coccinelles en Europe  (avec plein de documents, fiches d’identification et cartes de distributions à télécharger):

| Grande-Bretagne:

Coccinelle asiatique : http://www.harlequin-survey.org/
Autres coccinelles : http://www.ladybird-survey.org/

| Belgique:

http://ias.biodiversity.be/species/show/102
http://www.inbo.be/content/page.asp?pid=FAU_INS_LHB_start

| France:

http://perso.orange.fr/vinc.ternois/cote_nature/Harmonia_axyridis/index.htm

| Pays-Bas:

http://www.stippen.nl/index.php

 
     
 

Projet financé par l'Office Fédéral de l'Environnement